20180115

RED BUTTON'S NATION : Roldo

La nuit avait été fraîche.

Sara et Pete avait commencé la traque d'un cerf à deux têtes la veille au soir. La bête, bien que gravement blessée s'obstinait à fuir, tout en se vidant de son sang et en perdant ses forces, comme si la distance qu'elle mettait entre elle et ses poursuivants allait lui permettre d'aller mieux.

Elle était condamnée, les chasseurs le savaient, c'est pour cela qu'il ne lachaient pas la piste.
À vue de nez, le cerf faisait un peu plus de 200 kg. Une belle pièce qui fournirait suffisamment de viande à la bande pour quelques repas.

Tout à leur traque, il ne firent pas attention à l'environnement. Ils suivaient la piste du cerf, essayant de repérer ses traces, ce qui était de plus en plus facile, la bête étant épuisée. C'est en milieu de matinée que Pete pris conscience de leur situation : ils avaient quitté les États du Nord, et étaient entrés sur les terres de la Nation des Sables,
en territoire mutant, sans y prêter attention… Cela faisait une bonne demi-journée…

Merde !

Que se passe-t-il Pete ? demanda Sara.

Elle le connaissait suffisamment pour savoir quand il était contrarié.

Que se passe-t-il ? demanda-t-elle à nouveau.

Nous avons passé la frontière. Nous sommes entrés dans la Nation des Sables…

– Quoi ?!? Sara fut prise d'une angoisse subite. Qu'est-ce qu'on va faire Pete ? On abandonne la traque ?

Pas question, dit Pete. On a de quoi nourrir tout le monde pendant une semaine. Il est bientôt mort, je suis sûr qu'il n'y en a plus pour longtemps !

Et si ça dure plus longtemps que tu ne crois ? Et si on tombe sur une bande de mutants ? On raconte des choses horribles sur eux…

Il n'y a pas de raison que l'on tombe sur des mutants. Ouvrons l'œil, ne faisons pas de bruit, et tu verras, tout va très bien se passer.

Sara n'était pas rassurée pour autant.

Et quand le cerf sera mort, comment on le ramène ? On est a pied, je te rappelle !

– On va chercher de quoi faire un brancard. On le roule dessus, et on tire par l'avant tous les deux.

– On ne tiendra pas une demi-journée pour le trajet retour en trainant 200 kg !

– Écoute Sara, nous ne sommes pas forcés de le trainer jusqu'au bout. À cinq kilomètres d'ici, en arrivant, nous avons traversé une sorte de défilé rocheux. J'ai vu quelques ouvertures qui doivent être des grottes.
On emmène le cerf là-bas. On dissimule l'entrée et on retourne au camp chercher de quoi le ramener.

– Mais si on rencontre une bande de mutants ?

– Bon sang Sara, arrête un peu ! Nous sommes au maximum à vingt kilomètres de la frontière avec les États du Nord ! Ils ne doivent pas trainer par ici. Leur territoire est immense, à mon avis, ils sont plus loin à l'intérieur de la Nation des Sables.

Sara n'était toujours pas rassurée. Pete avait l'air de savoir ce qu'il faisait, et sa réputation de pisteur au sein de la bande était bien considérée. En plus, il n'était pas le genre tête brulée…

– D'accord, dit-elle à contre-cœur, mais on ne traine pas !

– Promis. On le retrouve, ce qui ne devrait plus être long. Au besoin on l'achève, et on rentre.

Ils reprirent la traque.

La piste était récente, et visiblement la fin était pour bientôt. La bête laissait des traces que même un novice aurait pu suivre. La végétation sèche était fendue d'un large sillon qui disparaissait derrière une colline.

Ils avancèrent prudemment. Sara réarma son arbalète. Il lui restait quatre carreaux. Pourvu que la situation ne dégénère pas…

Ils arrivèrent en haut de la colline en rampant. Jetant un coup d'œil de l'autre côté, ils virent à une trentaine
de mètres le cerf qui était à moitié allongé.

– Qu'est-ce qu'on fait ? demanda Sara.

– Achève-le, dit Pete à voix basse. S'il se relève, on va devoir recommencer à le suivre…

Sara épaula son arbalète calmement. Elle prit le temps de viser, bloqua sa respiration, et appuya sur la détente.
Le carreau partit avec un léger sifflement et frappa le cerf en pleine poitrine. La bête s'écroula. Morte.

– Tu vois, dis Pete, c'était pas si compliqué. Allez, on va voir s'il est bien mort, je construis le brancard et on s'en va fissa.

Ils s'approchèrent du cerf. Il ne bougeait plus.

– Ok, dit Pete. Je vais à gauche, tu vas à droite. Dès qu'on trouve des choses permettant de construire l'ossature du brancard, on les amène ici. Lorsque que l'on en aura assez, on assemble, on charge et on y va.

– Et tu vas la fixer comment ton ossature de brancard, rigolo ? demanda Sara.

Pete sourit et plongea la main dans sa besace. Il en ressortit une bobine de corde.

– Tadaam ! Souvenir de Merc City !

– Super. Allez, on s'y met !

Au vu de la position du soleil, l'après-midi venait de commencer. Si tout allait bien, ils auraient dissimulé le corps du cerf avant la nuit, et ils seraient de retour au camp une bonne heure et demie après.
Le temps passait et les matériaux s'accumulaient non loin de la dépouille du cerf. Sara avait trouvé dans un bâtiment en ruines situé un peu plus loin une espèce de grosse bâche plastifiée qui conviendrait très bien pour le transport du cerf. Le matériau était résistant et pas très lourd.

Au bout d'un moment, ils eurent de quoi faire, et ils commencèrent à assembler le brancard. Ils s'étaient un peu reculés, afin d'avoir la place nécessaire, tournant le dos à la dépouille de la bête. Le travail avançait bien, quand Sara eut la détestable impression d'être épiée. Elle se retourna et sursauta.

Derrière eux se trouvait un mutant. Aucun des deux ne l'avait entendu arriver. Il se tenait entre eux et le cerf et leur faisait face, les mains croisées dans le dos, tel un chef de chantier surveillant le travail des individus se trouvant sous ses ordres. Il portait pour tout vêtement un espèce de pagne kaki, usé et sale. Sa tête était couverte d'un casque en métal au centre duquel était encastré un système optique.
Sur son torse une pièce métallique rouillée était apparente. Visiblement elle était fixée sous la peau, mais celle-ci ne s'était jamais véritablement remise en place après que cette prothèse lui eut été fixée.

Pete leva tranquillement les mains, et s'efforça de parler d'une voix calme.

– Nous chassions ce cerf, là, derrière vous. Nous l'avons blessé et il nous a entrainé plus loin que nous ne le pensions. Maintenant nous allons le charger et le ramener. Nous allons faire vite, histoire de ne pas vous ennuyer trop longtemps.

Le mutant le regardait, l'optique rouge de son casque pulsait doucement. La lumière montait en intensité, puis retombait. Un temps passa.

– Vous comprenez ce que je dis ? demanda Pete

Le mutant ne répondit rien. Pete entendit une voix à l'intérieur de son crâne qui disait :

– Ici, c'est la Nation des Sables. On ne tue pas les mutants, car ils sont chez eux.

À voir la tête que faisait Sara, elle avait elle aussi entendu ce qu'avait dit le mutant. Cependant aucun son n'avait été émis. Il était toujours à la même place, dans la même position, les mains derrière le dos.

– Pas de problème, dit Pete en regardant l'optique rouge. Nous ne voulons tuer personne. Simplement emmener ce cerf et rentrer chez nous.

Il fit un signe de tête à Sara, et ils avancèrent tous les deux vers la dépouille du cerf.

Le mutant n'avait toujours pas bougé. Ils avancèrent encore.

Puis tout alla très vite.

Le mutant ramena sur le devant les bras qu'il avait croisés dans le dos. À chacune de ses mains était fixée une lame courbe. Pete n'eut pas le temps de réaliser ce qu'il se passait. La première lame lui trancha la gorge.
Ce fut la dernière chose que vit Sara. L'instant d'après la seconde lame se plantait dans son cœur…

Le mutant regarda les dépouilles des deux chasseurs.

Il s'approcha du cerf mort et enleva les deux lames qu'il portait attachées à ses mains.

Puis, il enleva son casque. Au milieu de son front se trouvait un seul œil.

Posant doucement ses mains sur une des deux têtes du cerf, il le regarda longuement, puis il dit :

– Je leur avais dit. Ici, c'est la Nation des Sables. On ne tue pas les mutants, car ils sont chez eux.












Roldo est la première figurine de ma bande de Mutants pour Red Button's Nation. Je recommence, comme pour les Esclavagistes, à introduire chaque personnage par un peu de fluff.

Lorsque ma bande sera terminée, je m'attaquerai à leurs véhicules. Je sais, on va me dire que j'en ai déjà plein.
Ça n'est pas vrai, je n'en ai fait que 10, et pour moi ils appartiennent aux Esclavagistes.
Je vais donc en refaire pour les Mutants.

Entre deux, je vais m'efforcer de glisser des décors. J'en ai une quantité totalement déraisonnable en stock, il va bien falloir que je les peigne à un moment ou à un autre…


20170815

RED BUTTON'S NATION : containers

Après le Grand Cataclysme, les ports marchands des grandes cités portuaires restèrent à l'abandon.
Les abominations aquatiques qui empêchaient les bateaux de circuler de manière sécurisée ne poussaient pas
le commun des mortels à voyager par la voie des eaux.

Dans bon nombre de ces ports délaissés se trouvaient des parcs complets de containers, vides ou pleins, laissés à l'abandon. Certaines populations de Nomades s'établirent dans ces parcs, logeant dans les containers vides, troquant les marchandises trouvées dans les containers pleins aux Convois de passage…

Avec le temps, les Convois virent l'utilité de ces zones de stockages, et certains commencèrent à s'équiper des modèles les plus petits, aussi appelés mini containers ou containers personnels.
De taille réduite, ils permettaient de stocker du matériel ou des armes.
Il n'était pas rare que certains convoyeurs en cachent dans des grottes dont l'entrée était dissimulée ou les enterrent.
Ces petits espaces de stockage leur offraient la possibilité de garder dans différents États des réserves secrètes leur permettant de se rééquiper si d'aventure ils se faisaient dépouiller ou si leur convois étaient détruits.

Plutôt que de risquer leur vie de manière dangereuse et violente, certains groupes d'individus avaient pour activité la chasse aux containers cachés. Ils se répartissaient ensuite le butin entre eux…




J'ai retrouvé dernièrement dans un de mes cartons ces petits containers que j'avais acheté il y a quelques temps. L'idée de m'en servir comme éléments de décors ou comme objectifs de jeu pour certaines parties m'est rapidement venue à l'esprit. Et en plus ils offrent aussi la possibilité de se mettre à couvert…





























20170729

RED BUTTON'S NATION : véhicule lourd Esclavagistes

Striker attendait. Il avait rendez-vous avec une délégation d’Esclavagistes qui voulaient lui acheter
des médicaments et des pièces de moteur. Il avait rencontré à Merc City un type nommé Talla, qui lui avait passé commande, et avait réglé la moitié du prix comptant sous forme de diverses marchandises et d’une esclave rousse.

Le rendez-vous avait été pris dans le désert, un peu à l’écart des zones de transit habituelles.
La commande passée par Talla représentait en volume un camion complet. Striker s’était garé à l’endroit convenu et il attendait. Pour éviter tout problème, deux snipers étaient postés à cinq cent mètres de là,
prêts à ouvrir le feu sur la zone, si jamais la transaction ne se passait pas comme prévu.
Striker n’était pas né de la dernière pluie. Pas question de se faire dévaliser, même si le type qui lui avait passé commande semblait réglo. Afin d’éviter une éventuelle embuscade, il était arrivé largement en avance.
Assis à même le sable, le dos appuyé contre la roue du camion, il jetait des cailloux dans le sable, un peu comme les enfants, lorsqu’ils s’ennuient, histoire de passer le temps. Lentement. Comme si le fait de prendre son temps témoignait de la patience inaltérable qui était la sienne et élevait l’ennui au rang d’Art…

Les cailloux, en touchant le sable, émettaient un bruit sourd, toujours le même… sauf le dernier, qui, dans un souci de contrariété évident émit un bruit qui ressemblait plus à un « clang »…

Quelque peu surpris, Striker envoya d’autres projectiles dans la même direction, obtenant à chaque fois un écho métallique. Il se leva et se dirigea vers la pelle qui était accrochée sur le flanc de son véhicule.
L'ayant attrapée, il se dirigea vers la zone qui était à l'origine du bruit, commença à creuser.
Très vite, le bruit métallique se fit à nouveau entendre. Il entreprit de déblayer le sable et ne tarda pas à voir apparaître une plaque de métal. Enhardi par sa découverte, et curieux de découvrir ce qui se cachait sous ses pieds, il continua à déblayer le sable, en se dirigeant vers la gauche. Quelques mètres plus loin, le bruit métallique disparut. Revenant sur ses pas, Striker déblaya le sable vers la droite cette fois-ci.
Lorsqu’il perdit l’écho du son, il avait déblayé l’équivalent d’une surface de douze mètres de long sur à peu près deux mètres cinquante de large.

Le soleil était maintenant haut dans le ciel, et Striker avait chaud. Il alla s’asseoir à l’ombre du camion afin de se reposer un peu.
L’heure du rendez-vous approchait. Dommage. Il aurait aimé avoir plus de temps seul afin de découvrir à quoi ressemblait ce qu’il venait de découvrir, à coup sûr un véhicule. Un camion peut être…

Un bruit de moteurs se fit entendre. Trois véhicules lourdement armés arrivaient doucement, comme si la journée leur appartenait. Sept hommes mirent pied à terre.
L’un d’entre eux s’éloigna du groupe et s’avança vers lui.

– « Salut Striker. »

– « Salut Talla. »

– « Tu as tout ce que je t’ai demandé ? »

Striker tendit une liasse de feuilles

– « Les médicaments au complet. Beaucoup de fabrication artisanale, mais efficace et garantie. En ce qui concerne les pièces de moteur, quelques bricoles manquaient, mais rien de bien important. Je pense que ton mécano pourra bricoler quelque chose sans trop de difficultés. Histoire de compenser le manque, j’ai ajouté deux fusils d’assaut, un pistolet automatique et une arbalète ainsi que les munitions adaptées. »

Talla avait le nez plongé dans la liasse.

– « Ok, ça m’a l’air réglo. J’apprécie la compensation.
Wormson, Rudbaugh ! Amenez la marchandise pour Monsieur Striker »

Deux des véhicules s’approchèrent et vinrent se ranger à côté du camion. Les deux chauffeurs sortirent
de leur véhicule et ouvrirent le coffre.

– « Voici le solde du paiement : un coffre plein de livres techniques, et un autre coffre dans lequel tu trouveras des pièces de rechange pour la plupart des modèles de robots les plus répandus, plus des vêtements pour hommes de tailles différentes. »

Striker inspecta les coffres des deux véhicules.

– « Ça me paraît bon. »

Rudbaugh siffla. Les quatres hommes restés à distance remontèrent dans le dernier véhicule
et les rejoignirent.

– « On transborde », dit Rudbaugh.

Les quatres hommes vinrent lui prêter main forte. Peu de temps après, les marchandises se trouvaient dans les véhicules de leur nouveaux propriétaires.

Avisant la plaque de métal qui affleurait le niveau du sable, Talla demanda à Striker :

– « Tu fais des fouilles ? »

– « Non. Je n’ai pas le temps. Je l’ai trouvé en t’attendant et j’ai commencé à dégager le sable, mais ça va prendre trop de temps. Si tu en veux, je te lègue ma trouvaille. »

– « Ouais, pourquoi pas… on est un peu calme ces temps-ci, ça occupera mes gars… »

– « Bon ben c’est dit. Je vous laisse les gars j’ai d’autres livraisons à faire avant la fin de la journée.
À un de ces quatre. »

– « Salut Striker. »

Striker remonta dans son camion. Quelques minutes plus tard, il n’était plus qu’un nuage de poussière à l’horizon.

Talla sortit de sa rêverie.

– « Wormson, tu répartis les tours de garde. Rudbaugh tu vas chercher les autres. Quand tout le monde sera là, on creuse pour dégager cet engin. »

En fin d’après-midi, Rudbaugh fut de retour avec le reste des membres du Convoi.

– « Bon. C’est trop tard pour aujourd’hui, dit Talla. Installez le camp, on commence le déblayage demain. »

La nuit fut calme et froide. Les sentinelles entendirent au loin les bruits étouffés de moteurs d’un Convoi qui devait se diriger vers Merc City. À part ça rien d’anormal.

Le lendemain matin, les fouilles commençèrent de bonne heure. Ils commencèrent à creuser à dix en même temps, si bien qu’à la fin de la journée, l’engin était déjà très nettement dégagé.

– « Un autobus, dit Siyae. Qu’est ce qu’on va en faire ? »

– « Un transport de marchandises, dit Thorhart. Ça nous permettra de stocker ce qu’on a dedans
et de libérer le coffre des voitures. T’en penses quoi Talla ? »

– « L’idée me paraît bonne, ça nous manquait un gros porteur. »

– « Mais y’a des vitres partout, et là où elles sont cassées, il y a des trous, dit Ike. Tu parles d’un engin pour transporter les marchandises… celles qu’on aura pas perdues en route, on va se les faire abimer à la première fusillade dans laquelle on sera pris… »

– « Dit pas de conneries, dit Rudbaugh. Je m’en occupe Talla ? »

– « Vas-y, répondit Talla. Privilégie la puissance du moteur. Protections partout. S’il te manque des matériaux tu m’en parles, ou alors à Thorhart. »

Un mois passa. Le temps que les améliorations sur le bus soient effectives, chacun tuait le temps comme
il pouvait.

– « Ike !!! »

– …

– « IKE ! MERDE ! »

Ike sortit la tête de sa tente, pas encore complètement réveillé.

– « Y a quelqu’un qui m’a appelé ? »

– « C’est Rudbaugh, dit Der Sturm qui était assis sur une caisse de munitions un peu plus loin. Au son de sa voix, je dirai qu’il n’est pas encore en rogne, mais ça ne va pas tarder… »

– « ‘tain, ça va encore être ma fête », dit Ike, en partant torse nu en direction de l’appel.

Il rejoignit Rudbaugh le plus vite possible.

– « Alors, dit Rudbaugh. Tu crois encore qu’on va perdre la moitié des marchandises en route en roulant ? »

Ike regarda le bus. Il n’en croyait pas ses yeux. Des plaques de renforts avaient été placées au niveau des pneus, les fenêtres avaient été calfeutrées par du grillage, des planches de bois, des plaques d’acier, un bélier avait été placé à l’avant. Plus rien à voir avec l’épave déterrée un mois plus tôt. Le bus ressemblait maintenant plus à un véhicule d’assaut…

– « Tu sais ce que c’est ton problème Rudbaugh ? Tu es susceptible… »




Lorsque j'ai commencé les véhicules de mon convoi d'Esclavagistes, une certitude s'est imposée à moi : à un moment ou à un autre, je ferai un véhicule lourd. Le descriptif léger que j'avais lu, disait que les véhicules lourds sont comme une sorte de coffre-fort sur roues. Toutes les richesses d'un Convoi y sont gardées. On peut donc lui supposer un aspect massif, blindé (selon les moyens à disposition), de manière à protéger le butin qui se trouve à l'intérieur.

Dans mon esprit, le véhicule lourd ne contient que les objets, armes, munitions, etc. Les esclaves sont stockés à la dure, dans des cages, accrochés sur les toits des véhicules ou à l'arrière.

Étant tombé par hasard sur un des premiers numéros d'une série retraçant l'histoire des autobus, et fournissant pour une somme modique un fascicule ainsi qu'un véhicule au 1/43e, je me suis laisser tenter.
Après déballage, mon autobus, un Mercedes, ressemblait à ça :




La figurine et le véhicule qui allait devenir Gideon sont placés de manière à indiquer la taille relative du bus.


Il est bien évident que quelques aménagements allaient être nécessaires, afin de donner à cet engin un look un peu plus post-apocalyptique. J'ai donc commencé avec quelques modifications destinées à amener quelques protections contre les attaques extérieures des autres Convois.


















Deux ans et demi ont passé. J'ai continué à travailler sur mon Convoi pour RBN, et j'ai mis le véhicule lourd de côté. Le chantier prenait tout à coup des proportions démesurées par rapport aux envies que j'avais.

Je continuais néanmoins à fureter sur le net, histoire de voir si je ne trouvais pas des éléments qui auraient pu m'être utile, et si d'aventure, d'autres idées ne pointaient pas le bout de leur nez.

L'autobus était sur mon établi, devant mes yeux. Pas un jour sans que je ne le voie. Petit à petit des changements se sont opérés, doucement. À commencer par le bélier : une plaque rectangulaire ne me convenait plus. J'ai donc décidé de la remplacer par autre chose de plus adapté. 

Début juillet, j'ai décidé de le finir. Il était temps. Trop longtemps qu'il était en chantier !

Voici donc le bus terminé, modifié, et surtout, peint…































20170616

RED BUTTON'S NATION : le Culte du MultiChrist

Cela fait un moment que l'idée fait son chemin dans mon esprit tordu. Je vais ajouter une bande de cultistes à mon stock de figurines pour Red Button's Nation. Une grosse partie de mes figs et de mon matériel est maintenant emballée, la date du déménagement approchant. N'ayant donc plus pour le moment la possibilité de monter et de peindre, j'écris.

J'écris par ce que ça me plaît, mais aussi parce qu'il ne faut pas énormément de choses pour ça : au mieux un clavier ou un cahier et un crayon, au pire un smartphone.

En attendant donc de pouvoir reprendre mes activités ludiques, j'ai donc décidé de coucher par écrit une description de l'univers dans lequel vont évoluer mes cultistes, d'où ils viennent, qui ils sont.

J'avais pensé au départ partir sur le culte de Goldoh, qui est mentionné (tout juste) dans le livre de règles.
Le peu d'informations disponibles permet une extrapolation maximale. Puis, je me suis ravisé.
Les bases du culte de Goldoh ont été créées par Samy, peut-être un jour aura-t'il envie de le développer.

Partant de là, j'ai donc décidé de créer mon propre culte : Les Serviteurs du Multichrist.

Le Multichrist est une entité multiple mais néanmoins unique. D'après ses Serviteurs, il reviendra vers ses enfants sous une forme hybride : un humain mutant doté de pièces bio-mécaniques.
Humain / Mutant / Robot. La multiplicité d'un Dieu dédié à trois conceptions différentes de ce que l'on appelle la vie. Un assemblage de cultures et de croyances, abritées dans un seul corps.

Voilà donc le point de départ de ce qui sera ma prochaine faction. C'est parti…




Dans les Terres Mortes, la moindre occasion de discuter, d'argumenter, de faire valoir sa propre vérité est toujours la bienvenue. En ces temps troublés, la rumeur créé du lien, elle pousse les gens les uns vers les autres. Ensemble, pendant un moment, ils oublient leurs différences pour s'extasier ou s'horrifier, tous à l'unisson. L'agitation commença un soir…

Un vieil homme était arrivé dans l'après-midi. Vêtu de noir, un pantalon de cuir et de grosses chaussures de marche, visiblement de bonne qualité, le haut de son corps était drapé dans une cape à capuche. Celle-ci lui tombait bas sur le visage. L'homme portait en bandoulière un petit sac contenant un livre. En début de soirée, il entra au Fat Mat's Eat.
Il se dirigea d'un pas tranquille vers le bar. Crazy Pete, le tenancier, ne lâchait pas l'étranger des yeux depuis qu'il avait franchi la porte. Sa main gauche glissa doucement sous le comptoir, vers le fusil à pompe qui y était dissimulé.

Qu'est ce qui vous f'rez plaisir, Msieur ? demanda Crazy Pete, toujours sur ses gardes.

Un bon repas ne serait pas de refus, répondit la voix sous la capuche.

Tout est possible… Comment vous payez ?

L'homme leva lentement les mains jusqu'à son cou, dégrafa sa cape et rejeta sa capuche en arrière. Son visage buriné par une exposition fréquente à des conditions climatiques extrêmes ne permettait pas de lui donner un âge avec précision. Son visage entier était tatoué de mots, de différentes langues, dans tous les sens. Son t-shirt sans manches laissait apparaître des bras solides, tatoués de la même manière que son visage.
Crazy Pete savait que l'homme était tatoué sur tout le corps, jusqu'aux chevilles. Seuls les pieds étaient immaculés.

Un colporteur de rumeurs…

Le silence se fit. Parmi les mercenaires présents, pas un n'avait un jour vu un colporteur de rumeurs. Tous en avaient entendu parlé, mais aucun d'entre eux n'en n'avait rencontré.

Vous pouvez vous installer près du poêle sur le canapé, dit Crazy Pete, je m'occupe de votre repas.

Se tournant vers la salle, il interpella les individus présents :

Vous savez comment ça fonctionne avec les colporteurs de rumeurs ? Il va s'asseoir tranquillement, et si vous voulez le plein de nouvelles, il va falloir que vous passiez me voir et que vous déposiez quelque chose pour participer au montant du prix de son repas. Quand la somme sera atteinte, je lui porterai son repas, et lorsqu'il aura terminé, il vous racontera tout ce que vous voulez savoir…

L'homme était arrivé près du poêle, qui tenait plus du brasero de fortune. Le canapé en question était en fait une banquette arrière de voiture, maculée de taches de toutes sortes. Certaines douteuses, d'autres clairement identifiables… Il posa son sac et sa cape, s'assit, et, les yeux perdus dans le vide se mit à attendre.

Les clients du bar défilaient devant Crazy Pete et laissaient leur obole sur le bar : couteau, gourde, munitions, ceinture, livre, boussole…

Lorsque tous furent passés, Crazy Pete passa en cuisine et revint quelques temps plus tard, porteur d'un plateau sur lequel se trouvait du lézard grillé, quelques fruits, une petite carafe d'eau pure, un espèce de gruau de haricots et quelque chose d'indéfini que l'on aurait pu assimiler à du pain. Il déposa son plateau devant le colporteur de rumeurs et retourna à sa place derrière le bar.

L'homme prit le temps de regarder chaque chose sur le plateau, consciencieusement, puis finit par faire son choix et commença à manger doucement, savourant chaque bouchée.

Quand il eut fini son repas, la nuit était tombée. Il repoussa doucement le plateau vide, ferma les yeux et étendit les jambes.

Crazy Pete jeta un œil vers ses clients et leur fit un signe de tête. Ils s'approchèrent alors du colporteur de rumeurs et entreprirent de s'installer autour de lui ; certains restaient debouts, d'autres amenaient leur siège ou s'asseyaient à même le sol. Quand il n'y eut plus de mouvement, le colporteur de rumeurs ouvrit les yeux. Il dévisagea l'assemblée calmement, d'un regard perçant.
Très bien. Que voulez-vous savoir ?
L'un des hommes prit la parole :
Il y'a des rumeurs qui disent qu'un groupe de cultistes est particulièrement nerveux en ce moment…
Les rumeurs disent beaucoup de choses, répondit le colporteur. Toutefois, toutes ne sont pas fondées. Connaissez-vous les Serviteurs du MultiChrist ?
Il regarda les visages présents autour ce lui, et voyant l'interrogation dans le regard de chacun, il continua :

Le Christ multiple ou MultiChrist se veut une incarnation de l'homme, du mutant et du robot. Une entité tripartite mais néanmoins unique.

Selon ses Serviteurs, l'homme est capable de piété, de croyance, de ferveur religieuse, tandis que le mutant ressent des choses qui ne sont pas forcément tangibles. Le robot est une machine dénuée d'émotions, d'états d'âme, qui n'a foi en rien ni en personne : il est juste là pour traiter et analyser des données, et ensuite mettre en place la solution la plus adaptée au problème posé. L'homme est la créature la plus mature de la création. Le MultiChrist amènera aux hommes les mutants et les robots afin de les aider. Ceux-ci se soumettront à l'espèce supérieure, et ensemble ils entameront la Reconstruction.

Les croyances du culte disent que le Christ multiple est composé d'un tiers de pièces bio-mécaniques et de quelques routines informatiques permettant d'optimiser la cohésion entre les organes biologiques et les pièces mécaniques.

L'homme ne dialogue pas avec le MultiChrist. L'homme n'a pas la capacité à ressentir sa présence.
L'homme croit. De toute ses forces. C'est sa bouée de sauvetage lors des périodes difficiles. L'homme croit en l'existence du MultiChrist. Quitte à inventer les preuves qu'il n'a pas. Et pour qu'on ne le traite pas de menteur, l'homme doit convertir le plus d'autres hommes possibles : si tous croient en la même chose, alors cette chose existe.
Et si les autres hommes ne veulent pas croire spontanément, ils croiront de force. La crédibilité de la croyance cultiste passe par là. Un jour le MultiChrist se montrera et il fédèrera ses enfants hommes, mutants et machine en une grande famille christique retrouvée. Lorsque la réunification sera accomplie, le MultiChrist les mènera vers des terres plus prospères. Là, ses Serviteurs règneront en maîtres. Mutants et machines s'occuperont de la basse besogne. Les cultistes se préparent à cet instant. Alors, abandonnant leurs armes, ils suivront l'incarnation de leur croyance afin de restaurer un monde parfait.

Plus discrets que les fidèles du Culte de Goldoh, les cultistes du MultiChrist sont aussi plus nombreux. Fondé juste après le Grand Cataclysme, le culte du MultiChrist est une organisation efficace. Les fanatiques et les prêtres se chargent de la propagande, tandis que les troupes de choc assurent leur protection.
Les différents groupuscules des cultistes du MultiChrist sont généralement abrités aux abords des villes détruites, dans des installations souterraines.

Au moment où le monde paniquait, les intellectuels à la tête du mouvement se rendirent compte que s'ils voulaient prospérer de manière durable et sécurisée, il leur faudrait deux choses : une force armée capable de les protéger afin de leur permettre de se consacrer au prêche du culte, et un accès à la connaissance.

Pendant que la force armée prenait forme et s'approvisionnait en armes et munitions dans les anciennes bases militaires et usines d'armement restées à l'abandon, des petits groupes furent envoyés à travers tout le pays pour piller les bibliothèques, les librairies, tous les endroits qui pouvaient contenir des livres transmettant la connaissance au sens large. Les livres techniques furent privilégiés, traitant tous de sujets différents, que cela soit de la construction d'une éolienne au démontage d'un moteur de voiture en passant par la construction de bâtiments…
Les livres furent triés au fur et à mesure, de manière à ne pas encombrer les rayonnages avec des choses inutiles parce qu'aujourd'hui inexploitables à cause du grand cataclysme. Quinze ans plus tard le culte comptait cinq grands centre de transmission de la connaissance à travers les ruines de ce qui fut les États-Unis d'Amérique.
Chaque installation d'hébergement fut équipée également d'une bibliothèque assez conséquente, mais largement en dessous des gigantesques bibliothèques installées dans les cinq grands centres.
Les années passèrent, les Maîtres du Culte se succédèrent, les générations suivantes devinrent mieux instruites. Aujourd'hui, le culte du MultiChrist est l'un des cultes possédant les meilleures infrastructures qu'il conforte selon ses besoins, le meilleur matériel roulant et les meilleures armes.

Ne vous y fiez pas, même si l'apparence de certains de leurs véhicules peut susciter le doute, vous pouvez être sûr que le moteur tourne comme une horloge…

En attendant le retour du MultiChrist, ils continuent à prêcher et à convertir. Ceux qui n'adhérent pas à leur doctrine sont exécutés ou revendus à des Esclavagistes…

Il y eut un moment de silence, puis quelqu'un prit la parole :

– Mais pourquoi sont-ils aussi agités en ce moment ?

Les précheurs du culte disent que le jour ou le MultiChrist reviendra, la lune sera rouge… Elle l'est tous les trente ans, à cette période. Ils sont donc prêts à accueillir leur Sauveur, si d'aventure il venait à se manifester cette fois-ci. D'où la raison de leur énervement…

La discussion se poursuivit jusque tard dans la nuit. Tous voulaient avoir des informations au sujet des cultistes, de leur mode de vie, cherchant un élément qui leur permettraient de se faire de l'argent. Le vieil homme répondit patiemment à leurs questions. Puis il prit congé de l'assemblée d'une manière tranquille mais néanmoins ferme.
Il salua d'un bref signe de tête ceux qui étaient encore là, puis il sortit et se fondit dans la nuit.

Les mercenaires se rassemblèrent par petits groupes, discutant de plus belle, échafaudant des plans, établissant de nouvelles priorités dans leur emploi du temps…
Le jour se leva. Dans le brasero, le feu était éteint depuis un moment. La température était fraîche, mais cela ne semblait gêner personne… les discussions continuaient…



Cette photo est là uniquement pour l'ambiance, parce qu'un post sans photo n'est pas un post.
Cette photo n'est pas de moi : il me semble qu'elle doit d'être de Minus ou d'Esprit.
C'est une partie de démo de Red Button's Nation organisée dans le cadre du Convention Day, à Marquette-lez-Lille.

20170601

RED BUTTON'S NATION : Artemio

Non, Artemio n'est ni un personnage d'une quelconque faction, ni une capacité spéciale. Ce n'est pas non plus un véhicule, ni un membre de la Team RBN, à moins que ça ne soit le deuxième prénom d'un de ces joyeux drilles.


Explications.

Forts de nous pondre de très jolies règles autour desquelles ont peut créer une ambiance de jeu malsaine à un point tel que cela en devient de l'Art, une mise en page sympathique et claire, les zouaves de Red Button's Nation nous ont concocté entre autres gâteries dans le corps de règles, la fameuse page 55.





La page 55, quésacko ?

La page 55, comme son nom ne l'indique pas, est la page sur laquelle vous allez trouver le gabarit d'accident,
le gabarit d'explosion, le gabarit de tir du lance-flammes, et, ces putains de marqueurs arrondis à la con !


Z'y va, quesse tu leur veux aux marqueurs arrondis, bouffon ?

Personnellement rien. Je suis de ceux qui trouvent que les marqueurs ronds sont de loin, plus jolis que les marqueurs carrés. Plus sensuels. Moins agressifs. Plus beaux quoi.
Seulement, le Wallach est un grand maniaque. Le Wallach aime que l'on appelle un chat, un chat, et une bite,
une bite.

Les marqueurs ronds ne s'appellent « marqueurs ronds » que jusqu'à l'impression papier de la page 55. Après,
ils s'appellent n'importe comment, sauf « marqueurs ronds ». Pourquoi ? La réponse est simple : pour une coupe précise, rien ne vaut une coupe droite, que l'on peut effectuer au cutter ou à l'X-acto, ou à tout ce que vous voulez qui comporte une lame droite et un manche, que l'on peut appuyer sur une règle.

Pour les marqueurs ronds, ça n'est pas possible. Si vous voulez un semblant d'arrondi, il faut y aller aux ciseaux.
Si vous êtes en forme ce jour-là, le résultat sera passable. Sinon, cela sera pourri.

Pour le Wallach, une droite est une droite et une courbe est une courbe. Une courbe tremblotante, ça n'est pas beau. Donc le Wallach est perturbé avec les marqueurs arrondis de la page 55.
On se fait pas chier à longueur d'année à peindre des figurines, des véhicules, des décors, à construire des tables de jeu, en y mettant temps, patience, argent et soin, pour tout saloper avec des marqueurs ronds qui ne le sont pas.


Bon d'accord. Et alors ?

Alors, je suis retourné voir un article que j'avais déjà vu chez gulix. J'aime bien aller traîner chez gulix : c'est sympa, son blog est bien tenu, régulièrement aéré… Cet article parlait des tokens.
Je l'ai relu, et convaincu par les propos du tenancier du blog, et par l'incroyable limpidité des vérités énoncées,
je partis en chasse de l'objet convoité.

Et c'est au cours de cette chasse que je rencontrais Artemio.

Artemio, c'est lui :






C'est en fait une espèce de perforatrice monotrou de grande taille. J'avais le choix entre deux modèles le petit (vert) et le grand (orange). Pour 8,88 euros, j'ai eu les deux.
Vu l'utilisation à laquelle il était destiné, couper des marqueurs post apocalyptiques, j'aurai préférer les payer
6,66 euros les deux… ^^
J'ai eu beau demander, la dame à la caisse n'a rien voulu entendre, même en lui faisant voir sur mon téléphone le visuel de la page 55… On ne peut plus rien demander aux gens…




Ça, c'est le dessous de l'appareil. Vous placez la feuille face imprimée face à vous, et tout ce qui apparaît dans le rond translucide est troutrouté lorsque vous appuyez d'un geste élégant mais néanmoins puissant sur la poignée, car comme le dit si bien SyntaxError, grand sage du siècle dernier : « RBN, ça rend beau et viril ». Soyons donc fiers et dignes de participer à cette grande aventure qui sent le gasoil, la poussière et la poudre et troutroutons donc comme si la fin du monde en dépendait.

Quelques minutes suffisent, pour passer de « jolis marqueurs ronds imprimés » à « jolis marqueurs ronds imprimés et découpés impeccablement ».


Le résultat :




Voilà. Dorénavant j'aurai de vrais marqueurs ronds (parfaitement ronds), sur ma table de jeu.

Je terminerai donc en remerciant la Team RBN pour ces superbes marqueurs ronds, le sieur gulix pour l'émulation au troutroutage qu'il a suscité chez moi, et mon épouse, Madame Wallach pour le café au lit de ce matin.


20161103

[Red Button's Nation] : Dirty Joe, The Dude and Marley

Terres Mortes. Fin d'après-midi.

Dirty Joe fit les comptes. Un chargeur dans le pistolet mitrailleur, un autre dans sa poche gauche…
Un peu léger…

Il changea de position et passa la tête à l'angle du hangar en métal. Trois impacts retentirent, produisant
un claquement sec à quelques centimètres de sa tête.
Reculant en vitesse, il étouffa un juron dans lequel il était question du métier exercé par la mère de celui qui venait de le prendre pour cible…

Regardant aux alentours, il essaya d'apercevoir un de ses coéquipiers, en vain.

Cela avait été une mauvaise idée de se séparer du reste de la bande. Mais The Dude et Marley avaient insisté: ils étaient en possession des coordonnées d'une ancienne base militaire. À l'idée de ce qu'ils pourraient récupérer en équipement, et de l'argent qu'ils dégageraient de la vente du surplus, ils étaient aussi énervés que des gosses devant un magasin de jouets…

Après avoir tenté de les raisonner pendant un moment, Dirty Joe s'était laissé fléchir. Le convoi continuait sur Merc City. Ils se retrouveraient là-bas.

Se déplacer en dehors de la Route des Esclavagistes présentait un risque : cela pouvait rapidement dégénérer.

Pendant cinq jours ils avaient voyagé en dehors de la Route, en essayant de faire le moins de bruit possible de manière à ne pas se mettre à dos les Robots qui avaient élus domicile dans le coin, ni les bandes de zombis en vadrouille. Au bout du compte, ça ne s'était pas trop mal passé et ils avaient fini par trouver la base, pratiquement à l'endroit indiqué sur la carte de Marley.
Après avoir dissimulé les motos le mieux possible, ils avaient commencé à inspecter l'endroit.

À l'extérieur, il y avait beaucoup de carcasses de véhicules, et même un hélicoptère à moitié brûlé.

En avançant prudemment, ils atteignirent les bâtiments, et commencèrent à fouiller.

Au bout de quelques heures, les résultats des recherches étaient impressionnants : l'armurerie était quasi pleine, tant en armes qu'en munitions. Du couteau de combat au fusil d'assaut en passant par les pistolets
et les lance-roquettes… Au fond d'un couloir, ils avaient trouvé une sorte de magasin de stockage rempli de vêtements, chaussures, tentes, masques à gaz… 

La journée avait été rentable. Avec ce qu'ils allaient retirer de la vente de tout ce stock, ils n'auraient pas de soucis à se faire pendant un moment !
Leur seul problème était lié au transport : tous trois étaient des motards, des vrais. Pas question de se déplacer autrement. Seulement pour emmener ce qu'ils avaient trouvé, ça aller poser un problème.

Après une discussion aussi passionnée qu'énervée, Dirty Joe proposa que l'un d'eux rejoigne la route et aille acheter un camion à Weels City, la ville la plus proche des États du Sud. Les deux autres resteraient là, afin de protéger leurs trouvailles.

Ils étaient en train de combiner les détails, quand The Dude, qui s'était déplacé dans la pièce les interpella:

Hey les mecs !

Quoi Dude ?

– Venez voir un peu par ici… je crois que j'ai peut être la solution au problème…

Se déplaçant, ils le rejoignirent et regardant par la fenêtre devant laquelle ils se trouvaient, ils aperçurent un hangar métallique de ceux que l'on utilise pour abriter les avions. Les deux portes étaient grandes ouvertes, et à l'intérieur, on pouvait voir deux Humvees sagement stationnés…

Bingo, dit Marley. C'coup là les potes on a décroché la timbale !

La suite avait été très vite. Ils étaient sortis tous les trois afin d'aller voir l'état des véhicules, de les charger s'ils étaient en état de rouler et de mettre les voiles le plus rapidement possible. Le fait d'être coincés ici avec tout ce matériel, sans moyen de transport, commencer à les stresser.

C'est une fois à l'extérieur que les choses se gâtèrent… une dizaine de Cultistes cannibales de Shrano avait pris possession du terrain entre Dirty Joe, The Dude, Marley et les Humvees. 
Les ayant repérés les premiers, le trio en élimina deux à l'arme blanche : la proximité des Robot et des Zombis nécessitait que l'on évite le bruit inutile…

Leur présence ne passa pas inaperçue bien longtemps, et ils essuyèrent un déluge de balles qui les obligea à se séparer et à sauter derrière le premier couvert venu…

Voilà où on en était…

The Dude se leva précautionneusement et appuya sur la détente de son pistolet mitrailleur. Un Cultiste tomba. Aussitôt une série d'impact sur un bidon légèrement à sa gauche lui apprit qu'il avait été repéré. Il se laissa tomber au sol, derrière un muret à moitié détruit.

Marley avait récupéré une chaîne en métal, et il était en train de se battre au corps à corps avec deux Cultistes. Les autres se déplaçaient afin de les isoler les uns des autres.

La situation menaçait de dégénérer rapidement, et leur infériorité numérique n'arrangeait rien…

Un pan de la clôture vola littéralement en morceaux, et une petite camionnette couleur sable, complètement rouillée, avec une mitrailleuse automatique sur le toit, entra en trombe, tout en arrosant copieusement les Cultistes d'une volée de projectiles.
Puis le véhicule s'immobilisa, tout en continuant à tirer. Thorhart sortit par la portière côté passager et commença à engager les Cultistes au corps à corps.
Quelques instants plus tard, d'autres véhicules pénétrèrent sur la base par le pan de clôture arraché et déversèrent leur lot de combattants.

Les Cultistes, voyant la situation leur échapper se replièrent derrière un tas de tonneaux.

The Dude essayait de suivre l'évolution de la situation, tout allait trop vite. Encore une bande qui voulait leur piquer leurs trouvailles !

Puis, d'un coup, une roquette termina sa course sur le tas de tonneaux derrière lesquels étaient dissimulés les Cultistes. Il s'en suivit une grosse explosion. The Dude fut projeté en arrière sur quelques mètres et perdit connaissance.

Lorsqu'il reprit connaissance, Thorhart était à califourchon sur lui et lui donnait des claques pour qu'il reprenne conscience. Le réveil fut brutal.

– Thorhart ? Bon dieu, mais qu'est-ce que tu fous là ?

– On était dans l'coin quand on a entendu la fusillade. On est venu voir et on est tombé sur vos motos…
la suite, tu la connais…

Wormson arrivait en courant.

– Thorhart ! Talla dit de pas traîner, ça va grouiller de Robots dans pas longtemps !

Hé salut Dude ! T'as vu la roquette sur les bidons de carburant ? C'était cool, hein !

Et il repartit avant même d'entendre la réponse.

The Dude regarda Thorhart.

– Son truc, c''était pas le lance-flammes ?

– Si. Mais on a plus d'essence. Du coup il s'est mis au lance-roquettes. Un rien l'amuse…



Dirty Joe, The Dude et Marley viennent de chez Copplestone. N'ayant plus de « Savages » (référence de mes punks), j'ai décidé d'étendre le Convoi avec des Bikers, afin d'arriver à un peu plus de 900 points, figurines et véhicules compris.


Dirty Joe


The Dude




Marley

RED BUTTON'S NATION : Roldo

La nuit avait été fraîche. Sara et Pete avait commencé la traque d'un cerf à deux têtes la veille au soir. La bête, bien que gravement...